Contenu analysé n°1

MOOC ITyPA – Séance n°11 – Jeudi 13 décembre 2012 – Les MOOCs pour la formation au long de la vie

Résumé du contenu :

Marcel Lebrun est invité pour cette dernière séance qui est la clôture de la partie formelle d’ITyPA. Marcel  Lebrun, Docteur en Sciences, est à   l’origine de la plate-forme Claroline dont il assure la responsabilité  pédagogique au sein de l’équipe de développement. Parmi ses nombreuses missions, il  accompagne les enseignants dans la mise en place de dispositifs  techno-pédagogiques à  valeur ajoutée pour l’apprentissage.

Dans un premier temps, Marcel Lebrun précise qu’il faut avoir certaines compétences pour se lancer dans le virtuel,  mais ces compétences sont « démultiplicatrices », elles serviront à accéder à d’autres choses encore. Ensuite, M. Lebrun s’attarde sur l’intérêt de la rencontre. Pour lui, le campus doit survivre comme lieu de rencontre social. D’ailleurs, il est important que chaque enseignement numérique soit suivi par une synthèse en présentiel. L’un des points essentiels de l’intervention de M. Lebrun est également l’idée de mettre la compétence à enseigner dans des compétences génériques, apprendre à l’élève à enseigner et enlever la formation des professeurs. Toujours dans l’enseignement, M. Lebrun voudrait repenser la dimension certificative de l’enseignement en faveur du formatif. Il insiste aussi sur la nécessité de former à des connaissances de manière explicite et non par immersion. Enfin, sur la question de l’avenir du MOOC, M. Lebrun dira qu’il l’envisage comme une guide du routard dans le numérique, un poteau indicateur dans des grands espaces de liberté.

Analyse du propos :

Ce qui m’a semblé le plus intéressant dans cette intervention est la réflexion faite autour de la « co-élaboration », selon les termes de M. Lebrun. Il est étonnant de voir qu’un ardent défenseur du numérique prône le présentiel comme nécessité à l’éducation. Si pour lui le format traditionnel de l’enseignement, à savoir un cours magistral en présentiel, est dépassé, le campus doit survivre à l’ère du numérique. En effet, le campus est pour lui un lieu de rencontre social et, dans son sens originel, il était l’occasion de redonner la place aux « apprenants qui construisent ». Le numérique est un lieu de divergence. A un moment, l’apprenant, qui est quand même un être en construction, doit être guidé. C’est donc ce rôle là que doit avoir l’école. Enseigner, c’est guider.

Je pense qu’on touche ici à un point sensible de l’éducation. Entre le tout numérique et la vision archaïque de l’enseignement, M. Lebrun a bien perçu l’impossibilité aujourd’hui de tendre vers l’un des deux extrêmes. In medio stat virtus, « la vertu se situe au milieu », et c’est bien ce que propose M. Lebrun, avec une alternance entre le numérique et le présentiel. L’on peut ainsi proposer un enseignement entièrement numérisé, mais le présentiel doit être sauvegardé à la fois comme occasion de valider les acquis, mais également comme liant social.

Impact personnel :

Les réflexions soulevées au cours de cette intervention sont extrêmement pertinentes pour qui souhaite évaluer les avenirs possibles de l’enseignement numérique. Personnellement, sans pour autant apporter une échelle de valeur aux interventions, celle de M. Lebrun apparaît a posteriori comme indispensable. Il est intéressant de constater que la première séance proposait de « se noyer dans le numérique » et que la dernière séance voie M. Lebrun défendre le présentiel dans l’ère du numérique. La boucle est bouclée : pendant 10 séances nous découvrons les infinies possibilités d’Internet et la dernière nous permet de voir les limites du tout numérique. Cette dernière séance était également l’occasion de soulever les nombreuses questions qui se posent lorsque l’on envisage une évolution de l’enseignement vers le numérique, notamment celle prépondérante de la certification. Il est évident que l’intervention de M. Lebrun ne se voulait pas être un Deus Ex Machina pour répondre à toutes les questions auxquelles nous ne trouvons pas de réponse, mais les pistes de réflexion proposées ont tout du moins le mérite de permettre une sorte de maïeutique socratique, accoucher les esprits par la pensée, et nous amener à réfléchir plus en profondeur sur les tenants et aboutissants de l’ère numérique.

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